.... as I said, I am prepared to concede that there may be a point to all this versifying. I may not see it, but given the enthusiasm of others and those others being people otherwise sane and worthy of respect, I am ready to believe that the fault lies with me. ...
I would like to re-submit the original title query to our Poet-In-Residence, Laurent, (although this is about translation into English and not into French) on the basis of the following article of which, unfortunately, only the abstract is available free of charge:
In recent years, Louise Labé's sonnets have become increasingly popular, both within and outside France. This is perhaps unsurprising, given Labé's striking position as a female writer composing within a predominantly male-defined poetic tradition. One means by which Labé's writing has become more accessible is through the medium of translation. In English, well-known translators such as Dunstan Martin, Warnke and Kirkup, amongst others, have sought to convey Louise's writing through verse renderings, with varying degrees of success. On the other hand, prose translations of Labé's poetry remain comparatively scarce and have only recently begun to be taken more seriously. In this article, I argue that far from being inferior copies of more `ideal' verse renderings, prose poems are, in fact, better able to convey the vicissitudes of love encountered by Labé. I present three new prose translations of Louise's poetry: `Baise m'encor, rebaise moy et baise'; `Je vis, je meurs' and `Ne reprenez, Dames, si j'ay aimé'. These translations, it is hoped, place into sharper relief the poet's quest for self-knowledge and self-understanding. The use of the prose form, as opposed to verse, also highlights a central premise in Labé's writing itself, namely that human experience is made explicit not so much as a result of persuasive, categorizing statements, or through the adherence to any fixed poetic form, but rather through a sense of debate with the self. The prose form, freed from the formal constraints of Renaissance versification, provides an ideal means of exploring the dialogical structure of Louise's sonnets. This arguably more flexible form also reveals the personal qualities of a poet who manifestly prefers analysis to description or performance, the better to highlight and problematize the multifarious dimensions of love, and their poignant, indeed dramatic effect on the persona. http://jes.sagepub.com/cgi/content/abstract/37/2/117
From verse into prose
English translations of Louise Labé's sonnets
Gerard P. Sharpling
To console everybody, the Renaissance original is copyright-free. Even though I am unable to post prose renderings of these sonnets, as a general statement, would you agree with Sharpling's proposition as highlighted in yellow above?
SONNET 18
Baise m'encor, rebaise moy et baise :
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus :
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.
Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise.
Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :
Je vis, je meurs : je me brule et me noye.
J'ay chaut estreme en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ay grans ennuis entremeslez de joye :
Tout à un coup je ris et je larmoye,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure :
Mon bien s'en va, et à jamais il dure :
Tout en un coup je seiche et je verdoye.
Ainsi Amour inconstamment me meine :
Et quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me treuve hors de peine.
Ne reprenez, Dames, si j'ay aymé :
Si j'ay senti mile torches ardentes,
Mile travaus, mile douleurs mordentes :
Si en pleurant, j'ay mon tems consumé,
Las que mon nom n'en soit par vous blamé.
Si j'ay failli, les peines sont presentes,
N'aigrissez point leurs pointes violentes :
Mais estimez qu'Amour, ê point nommé,
Sans votre ardeur d'un Vulcan excuser,
Sans la beauté d'Adonis acuser,
Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureuses :
Expert Mother tongue: French Posts: 5572 Joined: December 31, 2003 Location: France
RE: Why write in verse when prose will do?
Originally written by Jacek K. on May 4, 2009 4:16 PM
Even though I am unable to post prose renderings of these sonnets, as a general statement, would you agree with Sharpling's proposition as highlighted in yellow above?
I'm afraid the issue will remain rather abstract unless/until we actually get to read those prose translations of sonnets...
That said, I would object that, as the sonnet form exists both in English as well as in French (and other languages), it should be ideally rendered as such when translating a poem from French into English (or vice versa; see for example RE: Sonnet de Shakespeare 29).
"... Dans cette démarche, Chateaubriand s'oppose nommément à l'Abbé Delille qui défendait, au début du siècle, la supériorité de la traduction en vers pour des raisons analogues, c'est-à-dire comme étant selon lui la plus à même de répondre au double impératif de fidélité et d'honnêteté traductive à l'égard du modèle, [11] impératif que Delille décrit comme intrinsèquement lié à la productivité de la contrainte :
[L]'harmonie de la prose ne sauroit représenter celle des vers. La même pensée, rendue en prose ou en vers, produit sur nous un effet tout différent. [...] Un autre charme de la poésie, comme de tous les autres arts, c'est la difficulté vaincue. Une des choses qui nous frappent le plus dans un tableau, dans une statue, dans un poëme, c'est qu'on ait pu donner au marbre la flexibilité ; [...] c'est que des vers, malgré la gêne de la mesure, aient la même liberté que le langage ordinaire ; et c'est encore un avantage dont le traducteur en prose prive son original. [12]
C'est précisément de ce point de vue que semble se faire l'écho Ernest Lafond lorsqu'il justifie le choix de la poésie pour traduire le sonnet dans un ouvrage de 1848 ÿ— un choix de sonnets traduits de Dante, de Pétrarque et de Michel-Ange — il reprend alors à son tour les images habituelles tirées des champs pictural et musical :
Une traduction bien faite doit être comme la gravure d'un tableau ; [...] afin d'en approcher le plus possible, nous avons d'abord traduit en vers, parce que le vers seul peut tenter de reproduire la couleur et l'harmonie du vers.
Mais Lafond ajoute une contrainte supplémentaire : sa traduction adoptera, comme l'original, la forme du sonnet, au motif que la traduction est comme la reproduction d'un portrait : « nous avons conservé la forme rigoureuse du sonnet ; car il nous semble que c'est le moins qu'on puisse faire que de conserver à l'auteur qu'on traduit la physionomie qu'il a préférée ». [13] Cette image du texte original comme un portrait à imiter s'applique tout particulièrement au sonnet, qui est décrit comme un genre intimiste. Elle nous rappelle que les Sonnets de Shakespeare sont perçus au XIXe siècle comme un portrait intime de l'auteur et qu'à ce titre, les critiques leur reprochent fréquemment d'être presque trop personnels. Ce sont, comme l'écrit Lafond, « comme des pages échappées d'un journal ; on y surprend quelquefois le secret de la vie de l'homme en dehors du théâtre, dont il rougit » (p. 2-3). En 1888, Alfred Copin proposera même de les intituler « les Confessions de Shakespeare » [14]. Mais la réaction de rejet est aussi esthétique : trop maniérés, ils portent trop la marque d'une esthétique résolument passée de mode. Ainsi, Pichot, en 1821, reproche au sonnet d'être une forme du passé, un fossile, dans le paysage littéraire français :
[N]ous ne sommes plus au temps où Boileau disait :
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poëme.
Ce genre de poésie, tout-à-fait tombé en France, a repris faveur en Angleterre, depuis Bowles et Wordsworth. [15]
Lafond lui-même, malgré son goût revendiqué pour le genre — il avait déjà traduit un recueil de sonnets italiens, paru en 1848 —, prend acte de cette défaveur relative pour le sonnet dans un texte bien postérieur, daté de 1881 [16]. Publiant alors ses propres poésies à l'automne de sa vie, il imagine un dialogue qui l'opposerait à un détracteur du genre, dans un sonnet intitulé « Un ennemi du Sonnet » :
Publier vos sonnets ! quelle mouche vous pique ?
C'est un genre ennuyeux, je vous le dis tout net.
— Permettez, permettez, cher monsieur, le sonnet
Est un cadre mignon, une médaille antique,
Un coffret ciselé. — Dites donc un cornet.
Ils sont courts. — Mais nombreux ; leur race est prolifique,
Et j'aimerais mieux lire un long poème épique.
Quand il est isolé, c'est un fat en corset.
Puis le trait de la fin... Toujours la même chute ;
Dans le même fossé c'est la même culbute ;
Ce que Molière en dit, vous vous en souvenez ?
Il va parler encor... Je vous passe le reste ;
Mais n'allez pas, lecteur, souhaiter, comme Alceste,
Que je fasse une chute à me casser le nez. [17]
Monotonie, artificialité, contrainte stérile : ce sont les reproches principaux que l'on fait au sonnet avant 1850, forme jugée académique et galvaudée. ..."
several sonnets by Louise Labé are duly(?) translated as sonnets into various languages.
For example:
Français
English
Si jamais il y eut plus clairvoyant qu'Ulysse, Il n'aurait jamais pu prévoir que ce visage, Orné de tant de grâce et si digne d'hommage, Devienne l'instrument de mon affreux supplice.
Cependant ces beaux yeux, Amour, ont su ouvrir Dans mon coeur innocent une telle blessure -Dans ce coeur où tu prends chaleur et nourriture- Que tu es bien le seul à pouvoir m'en guérir.
Cruel destin ! Je suis victime d'un Scorpion, Et je ne puis attendre un remède au poison Que du même animal qui m'a empoisonnée !
Je t'en supplie, Amour, cesse de me tourmenter ! Mais n'éteins pas en moi mon plus précieux désir, Sinon il me faudra fatalement mourir.
(Sonnet I en italien, transposé en alexandrins,
Oeuvres complètes, édition Garnier-Flammarion.
Not Ulysses, no, nor any other man however astute his mind, ever longed for that holy face shaded with grace, honor, respect, more than I sigh for you. Nor can
I turn my gaze, Love, from your handsome eyes, which wound me deeply in my innocent chest; and though I have food, warmth, and tenderest relief, without your hand all my hope dies.
O terrible fate! Suffering the scorpion to feast on me, I seek protection from the pain of poison by appealing to the beast
that stings me. Though I beg the sun at dawn to kill the hurt, if it burns up the stain of sweet desire, I'll die when it is gone.
Nem heróis como Ulisses e outros mais Por mais sagazes e por mais divinos Cheios de graça e louros peregrinos Desafios provaram aos meus iguais.
Brilho desses olhos tão sensuais Tanto inflamou meus sonhos femininos Que para meus ardores repentinos Não há remédio, se vós não m'o dais.
Ó dura sorte, que me faz igual A quem pede socorro ao escorpião Contra o veneno do mesmo animal.
Só peço que não me venha a fenecer Esse desejo no meu coração
Porque, sem ele, é bem melhor morrer.
Traducão de Sergio Duarte (Portugais)
http://utopia.com.br/poesia/
Non havria Ulisse o qualunqu'altro mai Piu accorto fù, da quel divino aspetto, Pien di gratie, d'honor et di rispetto, Sperato qual i sento affanni et guai.
Pur, Amor, co'i begli occhi tu fatt'hai Tal piagia dentro al moi innocente petto, Di cibo et di calor già tuo ricetto, Che rimedio non vè si tu nol' dai.
Sorte dura, che mi fa esser quale Punta d'un Scorpio, et domandar riparo Contr' el velen' dall istesso animale.
Chieggio ti sol' ancida questa noia, Non estingua el desir a me si caro, Che mancar non potria ch'i non mi muoia.
Mother tongue: Polish Joined: February 18, 2003 Location: Poland
RE: Why write in verse when prose will do?
Originally written by Jacek K. on May 4, 2009 4:16 PM
Baise m'encor, rebaise moy et baise :
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus :
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.
Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise.
Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :
Thank you, Laurent, for all those references! Of the three verse translations briefly critiqued by Sharpling, here is the one by Dunstan Martin, via http://server4.moody.cx/index.php?id=562:
Kiss me again, kiss, kiss me again;
Give me the tastiest you have to give,
Pay me the lovingest you have to spend: And I’ll return you four, hotter than live
Soals. Oh, are you sad ? There! I’ll ease
The pain with ten more kisses, honey-sweet, And so kiss into happy kiss will melt,
We’ll pleasantly enjoy each other’s selves. Then double life will to us both ensue:
You also live in me, as I in you.
So do not chide me for this play on words Or keep me staid and stay-at-home, but make me
Go on that journey best of all preferred:
When out of myself, my dearest love, you take me.
Kiss me again, rekiss me, and then kiss
me again, with your richest, most succulent
kiss; then adore me with another kiss, meant
to steam out fourfold the very hottest hiss
from my love-hot coals. Do I hear you moaning? This
is my plan to soothe you: ten more kisses, sent
just for your pleasure. Then, both sweetly bent
on love, we'll enter joy through doubleness,
and we'll each have two loving lives to tend:
one in our single self, one in our friend.
I'll tell you something honest now, my love:
it's very bad for me to live apart.
There's no way I can have a happy heart
without some place outside myself to move.
From Labe, Louise. Complete poetry and prose: a bilingual edition; edited with critical introductions and prose translations by Deborah Lesko Baker and poetry translations by Annie Finch (The other voice in early modern Europe). Chicago: University of Chicago Press, c2006. (xxxi, 274 p.: ill.)
LC#: PQ1628.L2 A23 2006; ISBN: 0226467147, 0226467155
Or keep me staid and stay-at-home, but make me
Go on that journey best of all preferred:
When out of myself, my dearest love, you take me.
The second translation taken on by Sharpling can be found at http://colecizj.easyvserver.com/pflabbai.htm. Here is that last stanza in the ludic, tongue-in cheek, translation by (2) Kirkup:
Living discreetly
I can't give myself any
Satisfaction, if
I don't get out now and start
some further hanky-panky.
Also there, you can find (3) Peter Low's translation which ends:
I’m always sad when living self-contained;
my happiness can’t grow and be sustained
unless I take these risks and sally forth.
Together with (4) Annie Finchquoted by Laurent below, we have thus four English verse translations to compare:
Originally quoted by Laurent Chiacchierini on May 5, 2009 9:39 AM
it's very bad for me to live apart.
There's no way I can have a happy heart
without some place outside myself to move.
The fragments highlighted in yellow were critiqued by Sharpling who arrives at the conclusion which I emphasized in the abstract of his article. Here is Sharpling's own modern rendition of Louise Labé's last stanza:
And even if I am forced to lead a discreet and mundane life for a while, I take pleasure in the thought that I could be happy when you take me on a mad journey beyond myself.
Thank you, both. I have spent half the morning looking for Louise Labe and translations into the Danish, but without any luck at all. I can find mentions of Louise Labe and books about her: http://www.litteratursiden.dk/boeger/l%C3%B8vens-hjerte (Danish) Løvens Hjerte (The Lion's Heart) by Sissel Lie.
I have translated (!) a few lines of the English translations, but.. Still no luck. They exists, I can see that, but in books not as something available on the Internet.
Have one of you come across available translations into the Danish?
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